« Sud Ouest ».
Les incendies d'habitation ont-ils augmenté en Gironde ces dernières années ?
Stéphanie Martin. Par rapport à l'année dernière, ce sont sensiblement les mêmes chiffres. En revanche, nous avons constaté une légère augmentation depuis 2007. Il y a eu 1 861 feux d'habitation en 2008, et 1 921 feux en 2009, soit 60 interventions de plus. En revanche, cet hiver est malheureusement pour l'instant plus meurtrier que les autres. Trois personnes ont trouvé la mort en 2008, 7 en 2009, et nous en sommes déjà à 6 victimes depuis le début de l'année.
Le froid intense qu'on a connu au début de l'année peut-il expliquer une plus forte mortalité, ou s'agit-il plutôt de la fatalité ?
C'est plutôt la faute à pas de chance, à des coïncidences malheureuses. Nous n'avons pas constaté que le froid est un facteur aggravant pour les incendies d'habitation, sauf pour l'utilisation plus intensive des cheminées. Lorsqu'elles marchent de façon très régulière, il faut les faire ramoner deux fois dans l'année.
Quelles sont les principales causes de mortalité ?
La principale cause de décès dans un incendie, c'est l'asphyxie, en raison des fumées toxiques. Et comme l'air frais arrive toujours par le bas, si l'on est réveillé par une odeur de fumée, il est préférable de rester au niveau du sol. Ensuite, c'est toujours délicat de dire qu'il faut ouvrir la fenêtre pour aérer car il existe un risque d'appel d'air qui peut entraîner une propagation de l'incendie. On peut le faire si on a clairement identifié la pièce où il y a le feu. Ensuite, il faut évidemment se manifester, essayer d'appeler les pompiers, se placer dans une pièce accessible, et idéalement une salle de bains puisqu'il y a de l'eau.
Et celles des incendies ?
Ce sont en général des incendies d'origine électrique, causés par une installation qui n'est pas aux normes ou un appareil de chauffage défectueux.
On peut également citer les feux de cheminée, qui se déclenchent dans des cheminées mal entretenues ou trop chargées. Et enfin, les allumettes ou les cigarettes mal éteintes. Ce sont des causes connues, et elles ne changent pas avec les années. Il faut donc penser à faire vérifier ses installations, et à ne pas surcharger les prises électriques.
Le détecteur de fumée est-il la bonne réponse au risque d'incendie ?
C'est important d'en avoir effectivement, et d'en acheter à la norme NF, d'autant que la plupart des incendies d'habitation ont lieu la nuit. On est convaincus que cela peut sauver des vies. Il est préférable d'en avoir plusieurs et de les installer dans les zones de sommeil, et des endroits à risque, comme la buanderie. Pour ce qui est de la cuisine, c'est discutable, car l'alarme risque de se déclencher à tout bout de champ, et l'on sera tenté de l'éteindre.
Et l'extincteur ?
Cela peut être utile, c'est certain. Mais il est seulement conseillé si l'on apprend à s'en servir et si on en fait l'entretien chaque année, ce qui coûte un peu d'argent.
Lorsqu'on appelle les pompiers, ils interviennent en combien de temps ?
Il n'existe pas de délai minimum, ni d'obligation de ce point de vue. Nous intervenons le plus vite possible. C'est en fait très variable selon l'endroit où le feu s'est déclaré, le moment de la journée ou de la nuit, ou encore si l'on doit s'occuper en même temps d'un autre incendie important.
Que font les pompiers lorsqu'ils arrivent sur un incendie ?
Le chef de détachement va d'abord faire une reconnaissance afin de déterminer où il est important d'intervenir, et de quelle façon. La priorité est toujours donnée au sauvetage. Mais les pompiers doivent être efficaces et ne pas devenir des victimes supplémentaires. Ils interviennent donc avec leur protection et une lance, de manière à pouvoir accéder au sinistre et aux victimes en sécurisant autant que possible.
Il faut que le public comprenne que c'est indispensable et que ce n'est pas une perte de temps. Lorsqu'on attend les pompiers, les minutes se multiplient par 10 ou 100. Mais ces minutes prises pour la protection servent à aller chercher les victimes dans les meilleures conditions.
Auteur : Recueilli par Bruno Béziat